Quand le projet Recoba relance Mariame de Banitè-Koubéré (Malanville)

Après les inondations de 2020 à Malanville, la situation alimentaire et nutritionnelle de plusieurs ménages sont devenues fragiles. La fragilité s’est accrue avec les contraintes nées de la crise sanitaire de la Covid-19. Le  projet Résilience Covid-19 Borgou Alibori (Recoba) initié par le Programme alimentaire mondial avec l’appui financier de la Coopération Suisse aide les populations vulnérables à se relever de cette double crise.

L’équipe du PAM au cours des opérations de remise de cash à l’arrondissement de Guéné. Photo: Jonas H.

Quand Mariame Namata sortit de la salle de réunion de l’arrondissement de Guéné (Malanville), elle arborait un brin de sourire au coin des lèvres. Elle venait de recevoir une assistance alimentaire et nutritionnelle en cash d’une valeur de 70,000 FCFA du projet Recoba. C’est plutôt un cas particulier chez elle. En effet, elle est éligible à deux formes d’assistance. A l’assistance alimentaire à 1000 ménages de Guéné (d’une valeur de 50,000 FCFA) et à l’assistance nutritionnelle à 3436 ménages disposant d’un enfant de 0 à 23 mois (d’une valeur de 20,000 FCFA).

Avec 70,000 FCFA dans la main, c’est une lueur d’espoir qui se dessine devant Mariame pour les jours à venir. Elle s’est déplacée de son village Banitè-Koubéré à 9 kilomètres de Guéné pour recevoir cette somme qui va améliorer les conditions d’alimentation de son ménage. Jusque là,  « la vie n’était que souffrance » confie cette de mère de 45 ans qui a « tout perdu pendant les inondations de 2020 ». Maïs, haricot, sorgho…Mariame raconte que « l’inondation à tout pris ». Pour gérer le quotidien, elle creuse, pile et vend de la gomme arabique (communément appelée kpoata en langue Dendi) afin de générer quelques revenus pour nourrir son ménage.

Mariame Namata, bénéficiaire du projet Recoba à Guéné (Malanville) le 3 décembre 2021. Photo: Jonas H.

Au village Banitè-Koubéré, Issa Namata, enseignant de profession commente que « les femmes n’ont aucune activité à part creuser de la gomme arabique » dont la consommation aurait des effets positifs sur la santé. Seulement qu’au retour au village, Mariame ne se voit plus dépendre du Kpoata pour nourrir ses sept enfants. Avec l’assistance reçue, elle projette « acheter du maïs, du mil et vendre en détail au village » et utiliser une partie des vivres pour nourrir sa famille.

L’idée de vendre du maïs et du mil l’a semble rentable car il fallait venir jusqu’au marché de Guéné pour s’approvisionner. Pour les ménages du village dans le besoin de quelques kilogrammes de vivres, il ne sera plus nécessaire de venir jusqu’au marché de Guéné.  En plus l’intention de Mariame est de fructifier le cash en mettant en place une activité génératrice de revenu qui marche et qui supporte les besoins alimentaires de son ménage sur la durée. « C’est aussi un gain parce que si l’activité génératrice arrive à fructifier, ça veut dire plus il y aura de revenu dans le ménage, plus ils pourront faire face à leurs besoins sans forcement attendre une aide alimentaire d’une tierce » pense Elom Pedanou, Coordonnateur du projet Recoba au niveau du Programme alimentaire mondial.

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