Le Pam et l’Unicef signent un mémorandum d’entente pour fédérer leurs efforts dans les communes les plus vulnérables du Bénin

Le Programme alimentaire mondial (Pam-Bénin) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef – Bénin) ont signé mercredi, un mémorandum d’entente pour collaborer ensemble dans la zone de convergence des agences du Système des Nations Unies (SNU) et le département de l’Atacora où plusieurs communes présentent un fort taux d’insécurité alimentaire.

Le tandem Pam Unicef pour des défis de développement au Bénin
Une photo de famille des différents acteurs impliqués dans le partenariat PAM-Unicef. Photo: Makéba T.

Ce partenariat entre le Pam et l’Unicef s’étendra de Juillet 2021 à Décembre 2023. L’idée derrière la signature d’un mémorandum d’entente entre le Programme alimentaire mondial (Pam) dirigé par Guy Mesmin Adoua et l’Unicef représenté par Djanabou Mahondé est de ne plus agir en rang dispersé mais en synergie dans les zones communes d’intervention.

C’est un engagement des deux chefs d’agences du Système des Nations-Unies au Bénin à fédérer leurs efforts pour décupler les résultats de leurs interventions  en mettant un accent particulier sur la collaboration pour les domaines liés à la nutrition, l’éducation, la protection de l’enfant, la protection sociale, la résilience et les urgences. « Le Pam et l’Unicef disposent ensemble de ressources techniques nécessaires pour apporter l’accompagnement nécessaire dont le Gouvernement a besoin dans la réalisation de ses ambitions » a dit Guy Adoua lors de la signature du partenariat entre les deux agences.

Dans la pratique, le Pam et l’Unicef travailleront autant que possible ensemble dans les mêmes zones d’intervention car d’abord « il est important de faire les choses différemment cette fois-ci » mais surtout il y a « nécessité de mettre en place une synergie d’actions sur les interventions que les deux organisations développent sur le terrain » a argumenté la Représente de l’Unicef Djanabou Mahondé pour justifier l’importance de la signature du mémorandum.

Les zones d’interventions concernées dans ce partenariat sont d’abord les commune de Karimama et Malanville dans le département de l’Alibori et la commune de Zakpota dans le Zou. Ces trois communes sont des communes correspondantes à la zone de convergence des agences du Système des Nations-Unies (SNU) au Bénin. A elles s’ajoutent les communes de Boukoumbé, Toucountouna, Natitingou, Tanguiéta et Materi qui sont des communes les plus vulnérables de l’Atacora où les deux agences interviennent déjà.

Pourquoi ces communes du Bénin et pas d’autres ?

Cela se justifie par plusieurs raisons qui décrivent le niveau de vulnérabilité élevée de ces localités. Ce niveau de vulnérabilité se traduit en termes de :

  • Prévalence élevée de l’insécurité alimentaire et de la nutrition
  • Faibles taux de scolarisation, de rétention et d’achèvement à l’enseignement primaire 
  • Mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement 
  • Faible niveau des indicateurs sanitaires 
  • Faible investissement dans la protection des enfants
  • Récurrence des catastrophes naturelles notamment la sécheresse et les inondations avec des risques d’accentuation de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle comme la situation des inondations de 2020 qui a requis l’intervention du Pam en juin dernier
  • Risques de déstabilisation des communautés à la suite de l’insécurité grandissante des pays frontaliers.

Pam-Unicef – Les défis spécifiques à relever dans le cadre du mémorandum

Dans leurs volontés de fédérer leurs énergies à travers la signature d’un mémorandum d’attente, le Programme alimentaire mondial et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance ont l’ambition d’atteindre des objectifs spécifiques dans chaque domaine d’intervention.

Dans le domaine de la nutrition, il s’agira de :

  • Renforcer l’approche intégrée de la prévention du retard de croissance, notamment pendant la fenêtre d’opportunité des «1000 jours » dans les zones les plus affectées
  • Renforcer les actions conjointes dans le cadre de la prévention et de la prise en charge de la malnutrition aigüe chez les enfants de moins de 5 ans, les adolescentes, les femmes enceintes et allaitantes
  • Renforcer les capacités du gouvernement au niveau national et local dans les systèmes de santé, alimentaires, WASH et protection sociale.

Dans le domaine de l’éducation, il question pour les deux agences de :

  • Contribuer à améliorer l’accès et le maintien des enfants (filles et garçons) à l’école jusqu’à l’achèvement de l’enseignement primaire, ainsi que la qualité de l’éducation, à travers une approche intégrée
  • Améliorer l’éducation des filles et des enfants marginalisés, par la création d’un environnement favorable
  • Mener un plaidoyer stratégique pour une gestion efficace et efficiente des investissements en faveur du système éducatif, sur la base des évidences
  • Contribuer au renforcement des capacités de la partie nationale en vue de l’amélioration du système éducatif.

Sur l’axe de la protection de l’enfant, les interventions contribueront à :

  • Promouvoir les interventions conjointes visant à améliorer la protection des enfants en milieu scolaire 
  • Promouvoir la prévention des violences basées sur le genre (VBG) dans les écoles et la prise en charge des victimes des VBG dans les communautés autour des écoles
  • Renforcer les capacités des adolescentes et adolescents sur les compétences de vie courante, l’autoprotection contre toutes formes de violences, la santé sexuelle et reproductive

Pour la protection sociale et résilience, les agences vont appuyer le gouvernement du Bénin à :

  • La mise en place d’un système de protection sociale sensible aux chocs
  • la conception et l’opérationnalisation d’un programme de filets sociaux sensible aux chocs, adapté aux enfants et sensible au genre

Sur le plan des urgences, la collaboration contribuera à

  • Développer des plans de contingence des interventions, l’acquisition et le pré positionnement des intrants essentiels, le suivi du statut nutritionnel des populations exposées et/ou affectées et la mitigation de l’impact des urgences
  • Développer des actions spécifiques dans les domaines de la nutrition, l’alimentation scolaire, l’éducation et la protection en situation d’urgence
Guy Adoua (PAM) et Djanabou Mahondé (Unicef), les deux chefs d’agences après la signature du mémorandum d’entente. Photo: Makéba T.

Pour atteindre ces objectifs et apporter des réponses à forts impacts et durables à la situation de vulnérabilité des populations dans les communes concernées, les deux agences s’appuieront sur deux projets phares pour relever les défis de développement qu’impose ce mémorandum. Il s’agit des projets :

  • Approche intégrée de lutte contre la malnutrition chronique et la malnutrition aigüe dans les zones les plus affectées
  • Approche intégrée d’alimentation scolaire : l’école, une porte d’entrée pour faire converger les initiatives de développement

Ces deux projets identifiés contribueront à résoudre plusieurs problèmes ensemble en partant de la question de l’insécurité alimentaire à la protection de l’enfant en passant par la protection sociale, l’accès à l’eau, l’hygiène et assainissement…Rien que le Programme des cantines scolaires que conduit le Programme alimentaire mondial offre une porte d’entrée pour connecter l’initiative avec d’autres secteurs. C’est pourquoi le Représentant Résident du Pam Guy Adoua penseque « la volonté de travailler en synergie existe, il est question en ce moment d’aller vers des actions concrètes sur le terrain » et de « mettre en place une stratégie commune de plaidoyer autour des interventions » ajoute Djanabou Mahondé, la chef d’agence  de l’Unicef.

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