Œufs de caille, légumes frais…pour améliorer le repas des enfants à la cantine scolaire de l’Epp Houngon Djinon (Avrankou)

L’avènement du programme des cantines scolaires au Bénin a donné naissance à diverses initiatives extra scolaires pour assurer une alimentation saine et nutritive aux enfants à l’école. C’est le cas de la création des jardins, champs scolaires et de petites unités d’élevage dans les écoles pour soutenir la cantine. Exemple vu à l’École primaire publique Houngon Djinon dans la commune d’Avrankou (Ouémé).

Les mamans cuisinières en pleine activité à la cantine scolaire de l’Epp Houngon Djinon le 9 novembre 2021 à Avrankou. Photo: Bismarck Sossa

C’est un jour d’école comme tout autre en ce début de semaine à l’Epp Houngon Djinon. Dans cette école de deux groupes pour un effectif autour de 490 élèves, les mamans cuisinières de la cantine scolaire s’assurent que chaque jour, les enfants obtiennent leurs repas à la fin des cours de la matinée. A la cuisine commune, deux menus se dessinent. Les enfants du groupe A que dirige le directeur Tidjani Azankpo mangeront du « atassi » (met issu d’un mélange de riz et de haricot) et les écoliers du groupe B sous la gestion du directeur Maxime Aniwanou mangeront de la pâte de maïs accompagnée de la sauce et du poisson frite. « Nos enfants ici ne mangent pas sans poisson » commente Maxime Aniwanou avec un brin de sourire pour signifier combien l’école œuvre à améliorer le repas des enfants.

Les deux directeurs partagent l’impact de la cantine sur leurs enfants. « Cela aide d’abord les parents, nous même enseignant parce que l’enfant qui mange bien, pour écouter le maître, cela n’est plus une contrainte et il assimile plus vite les leçons » partage Maxime Aniwanou surtout qu’il y a « des enfants qui ne trouvent pas à manger à midi, il y a des enfants qui quittent très loin » justifie son collègue Tidjani Azankpo.

Les deux directeurs de l’Epp Houngon Djinon dans leur unité d’élevage de caille. De gauche à droite Tidjani Azankpo du groupe A et Maxime Aniwanou du groupe B. Photo: Bismarck Sossa

A l’Epp Houngon Djinon, le duo Azankpo-Aniwanou développe une petite unité d’élevage de caille. C’est une expérience lancée en 2020 qui continue avec une vision futuriste d’offrir un œuf de caille à chaque enfant pendant les repas car « les œufs de caille sont très nourrissants et riches en protéine » argumente Tidjani Azankpo.

Cette année académique, l’unité d’élevage de caille a démarré avec 17 oiseaux. Dans les échanges, les directeurs espèrent bientôt les premiers œufs, bien plus faciles à produire dans la pratique que les œufs de poule. « Si vous faites la comparaison entre la production des œufs de caille et les œufs de poule, il y a une nette différence. La production des œufs de caille est plus rapide » explique Maxime Aniwanou, directeur du groupe B.

L’idée derrière la production des œufs de caille est d’améliorer les repas de la cantine scolaire en y apportant plus d’éléments nutritifs. Eliane Houngbédji, animatrice de cantine scolaire en charge de l’Epp Houngon Djinon commente que « Les œufs nous permettent d’enrichir le repas des enfants. Les enfants sont contents d’en consommer ». Sous un aspect bien-être, « l’œuf de caille prévient l’anémie chez les enfants » justifie Maxime Aniwanou. L’école veut pouvoir contribuer à la santé des enfants en apportant une alimentation nutritive grâce à la cantine scolaire. Au-delà, les œufs sont un élément de motivation pour les enfants. « Lorsqu’on prépare les œufs aux enfants, ils sont motivés pour les contributions à la cantine » indique Tidjani Azankpo.

Dans quelques jours, les œufs entreront dans le repas des enfants. Pour une unité de 17 cailles, il n’est pas encore possible d’offrir un œuf à chaque enfant « mais pour le moment les œufs sont cassés dans les fritures et tous les enfants goutent à cela » explique Maxime Aniwanou de l’expérience faite l’année dernière.

« …nous pensons accompagner le haricot ou le pois jaune avec un peu de patate douce »

L’idée d’améliorer le repas des enfants ne s’arrête pas à l’élevage de cailles. A l’Epp Houngon Djinon, chaque groupe a aménagé un espace pour développer un jardin et un champ scolaire pour la production d’autres besoins alimentaires. Ceci pour accompagner le panier de vivres du Programme alimentaire mondial (Pam).

Champ de patate douce à l’Epp Houngon Djinon. Photo : Bismarck Sossa

Dans le champ scolaire que développe le groupe A du directeur Azankpo Tidjani, il y est cultivé de la patate douce. « On a essayé de démarrer avec la patate douce dans l’intention que les mercredis par exemple, même si ce n’est pas de façon répétitive, nous puissions accompagner le haricot ou le pois jaune avec un peu de la patate pour pouvoir apporter plus de substances nutritives dont l’enfant a besoin pour son bien être » explique Azankpo.

Dans les jardins de l’école, on y retrouve des plantes de tomate, de piment et une variété de légumes. « Nous sommes à nos débuts et bientôt les fruits vont commencer par tomber pour réduire nos dépenses par rapport aux condiments » projette le directeur du groupe A justifiant que les produits du jardin scolaire aideront à « améliorer la qualité du repas parce qu’il arrive que nous ne trouvons pas assez de sous pour investir dans les condiments ». En plus, « l’école doit accompagner les enfants à consommer des  fruits et légumes » soutient Maxime Aniwanou, directeur du groupe B de l’Epp Houngon Djinon. C’est pourquoi en complément à la production maraîchère au niveau des jardins, il a lancé une idée autour de la plantation de banane et prochainement de papaye. A la longue, les enfants pourront avoir à côté des repas chaud, des fruits produits à l’école.

Une vue de jardin scolaire à l’Epp Houngon Djinon. Les légumes frais du jardin sont utilisées à la cuisine. Photo: Bismarck Sossa

Les jardins scolaires apportent des produits frais à la cantine et les petites unités d’élevage sont une source d’apport de protéine d’origine animal pour les enfants. En couplant ces deux initiatives, les cantines scolaires favorisent la promotion de repas sains et nutritifs à l’école. Elles favorisent aussi de façon transversale à une éducation nutritionnelle des enfants en leur inculquant de nouvelles habitudes alimentaires à partir des produits locaux.

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