Françoise Zannou : L’étudiante en sociologie qui monte des panneaux solaires

22 ans et étudiante en 2e année de sociologie à l’Université d’Adjarra, Françoise Zannou est l’une de ces jeunes femmes qui bousculent les lignes en exerçant des métiers traditionnellement attribués aux hommes. Monter des panneaux solaires par exemple. Mamabenin est allé à sa rencontre.

Françoise Zannou en pleine action sur un chantier avec ses formateurs. Photo : FZ

La passion pour l’électricité est née chez Françoise Zannou depuis qu’elle a commencé à suivre son grand frère Xavier Zannou (électricien) sur des chantiers. En 2017, une opportunité de formation lui est offerte pour apprendre à monter des panneaux solaires. La formation était assurée par l’association Prospérité pour tous, une organisation française qui travaille au Bénin sur l’insertion professionnelle des jeunes.

Françoise Zannou suit alors une formation sur les bases du montage et de l’installation de panneau solaire. Dans le groupe de sept étudiants sélectionnés, elle était la seule femme. « Ma maman m’avait demandé si je pouvais m’en sortir dans un groupe où j’étais la seule femme » raconte Françoise quand nous l’avons rencontré pour la première fois.

Bien évident que pour Cécile Houngbèmè, la mère de Françoise Zannou, voir sa fille dans un secteur traditionnellement occupé par les hommes suscitait quelques doutes quant à sa capacité à réussir. Pourquoi pas la coiffure ou la couture ? D’ailleurs, la grande sœur de Françoise est coiffeuse.

Dans la conscience collective de la communauté où vit la jeune étudiante, il y a des domaines de compétences traditionnellement attribués aux hommes et d’autres pour les femmes. Monter des panneaux solaires par exemple est loin d’être le métier qui peut spontanément attirer une femme…
Mais elle décide quand même de s’y donner. « Ça me plaisait quand je voyais les hommes installés des panneaux » raconte t-elle.

Françoise Zannou travaille ici avec l’un de ses formateurs de l’ONG Prospérité pour tous. Photo : FZ

Pour prouver qu’elle pouvait, Françoise s’est donnée à sa formation pour que son statut de femme ne soit pas une excuse dans son groupe de six hommes.
« La phase théorique était un peu difficile pour moi mais passé à la phase pratique c’était  simple. Monter des panneaux solaires n’était pas quelque chose de compliqué » se convainc la jeune qui a réussi au bout du fil à s’adapter à cet environnement masculin.

L’une de ses superviseurs, Marie Annie Jusseaume de Prospérité pour tous dit d’elle « qu’elle sait trouver sa place en tant que femme« . À ce jour, Françoise a participé à deux grands chantiers. Son équipe a participé à installer 12 panneaux solaires à l’Ong La Passerelle, un centre d’accueil pour jeunes filles en situation difficile basé à Akpro Missérété. Elle y avait été une ancienne résidente. Puis dans la même commune, cette fois ci dans le village Amouloko, elle participe à l’installation d’une source d’eau potable alimentée par de l’énergie solaire.

Françoise Zannou sur le toit d’une maison avec son mentor et ses collègues. Photo : FZ

« Je suis fière de moi quand je travaille ensemble avec mes collègues hommes sur un chantier. Mon ambition est de faire valoir ce que j’ai appris » confie la jeune étudiante avec un coin de sourire.

À Vakongbo où elle réside, Françoise est la seule femme de sa communauté ayant fait entorse aux stéréotypes du genre qui attribuent tel ou tel métier à un homme ou une femme. Poursuivant actuellement ses études universitaires, elle préconise ce métier pour les filles déscolarisées ou peu instruites qui peuvent s’insérer professionnellement aussi dans ce domaine et gagner leur vie. D’ailleurs pour elle, savoir monter et installer des panneaux est une corde à son arc et une compétence pour s’auto entreprendre.

Pour une étudiante en sociologie qui monte des panneaux solaires, il faut être là quand elle parle de dimensionnement, de calcul de puissance, de batterie, de panneau, de Watts…

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