Cantines scolaires : D’Avrankou à Dangbo, des initiatives et innovations éclosent…

Lorsqu’on aborde le sujet du programme des cantines scolaires au Bénin, beaucoup ont les yeux fixés sur les repas. Bien évidemment qu’il y a les repas mais autour des cantines scolaires gravitent des initiatives qui font de la cantine scolaire un pont qui renforce le lien entre l’école et la communauté. Récit sur des exemples réels entre Avrankou et Dangbo, deux communes du département de l’Ouémé.

Les cailles en élevage à l’Epp Houngon-Djinon à Avrankou. Photo: Jonas H.

A Gbozounmin, un arrondissement de la commune d’Avrankou se trouve l’Ecole primaire publique de Houngon-Djinon. Une école de plus de 450 écoliers dont la communauté bénéficie d’une cantine scolaire à l’instar de plus de 3800 écoles primaires publiques au Bénin. A l’Epp Houngon-Djinon se trouvent deux directeurs qui ont décidé de relever un défi : offrir à chaque enfant un œuf de caille par jour pour améliorer son besoin en protéine.

Azankpo Tidjani (directeur groupe A) et Maxime Aniwanou (directeur groupe B) porte la même vision d’écrire leurs pages dans l’histoire de la cantine scolaire de l’Epp Houngon-Djinon pendant qu’ils sont à la gestion. Quand ils parlent de leur projet d’élevage de caille et de production d’œuf de caille, leurs yeux brillent de passion.

L’œuf de caille est une denrée rare dans les plats des béninois et pas accessible comme l’œuf de poule. En se lançant sur la production d’œuf de caille, les deux responsables de l’Epp Houngon-Djinon veulent apporter quelque chose de rare dans le plat des enfants à l’école depuis qu’ils sont convaincus de l’apport nutritif de cet aliment pour leurs écoliers.  Depuis le début du mois d’octobre, l’essai de l’élevage de caille est lancé avec 26 femelles et quatre males. Environ deux mois après, les premiers œufs de caille ont vu le jour dans leur petite unité de production mais pas encore suffisant pour nourrir les enfants.

Un membre de la communauté tend la main au projet…

Comment apporter un œuf de caille par jour à plus de 450 enfants ? Pendant combien de temps faut-il atteindre ce résultat ? Avec combien de tête de caille ?…Beaucoup de réponses à trouver sur le chemin. « A défaut d’offrir un œuf à chaque enfant, on avait l’idée d’écraser les œuf dans la friture et l’offrir aux enfants dans leur repas de midi » partage le directeur du groupe B Maxime Aniwanou.

Ces boules d’oeufs de caille seront bientôt dans les plats des enfants. Photo: Jonas H.

Seulement…une bonne volonté de la communauté entre en jeu dans le projet et propose de couvrir les premiers œufs. L’idée c’est d’apporter plus de têtes de caille dans l’unité de l’école. Plus de cailles produiront plus d’œufs…et d’ici quelques mois, les enfants devraient avoir leur première boule d’œuf de caille dans les plats. A cette étape, cette idée innovante d’apporter des œufs de caille dans l’alimentation des enfants à l’école « a besoin de l’apport de tous » plaide le directeur Azankpo Tidjani.

L’alimentation et l’entretien des oiseaux, l’extension des cages sont les besoins prioritaires du moment mais cela n’émoussent pas l’ardeur des responsables de réussir ce projet pour accompagner la cantine scolaire. L’ambition est forte car l’élevage de caille apporte d’autres bénéfices dans la vie du jardin scolaire de l’école.

Des fruits de tomate bio dans le jardin de l’Epp Houngon-Djinon

En réalité, les fientes des cailles servent de fertilisant pour la production de légumes dans le jardin de l’Epp Houngon-Djinon. Plus besoin de dépenser dans l’achat de fientes car cet élément est disponible à partir de leur petite unité. Dans le jardin fleurissent plusieurs variétés de légumes qui entrent dans la préparation de repas à la cantine. Et parlant de jardin, c’est toute une institution ailleurs…

Jardin scolaire ou communautaire à l’Epp Lago à Dangbo ?

C’est la question qu’on se pose à l’écoute de l’histoire de Godonou Alice, la directrice de l’Epp Lago dans la commune de Dangbo. Dans cette école de 145 enfants, la communauté a presque institutionnalisé le jardin scolaire pour s’assurer qu’il apporte régulièrement tous les besoins nécessaires à la cuisine de l’école.

Alice Godonou, directrice de l’Epp Lago à Dangbo dans le jardin scolaire. Photo: Jonas H.

L’école est là mais c’est la communauté de Lago qui gère la vie du jardin. Un comité de gestion du jardin est même mis en place avec à sa tête Souleymane Afagnon, un jeune électricien de panneau solaire de métier qui a eu l’opportunité de suivre une formation sur le jardinage. A lui, la communauté a confié l’espoir du jardin scolaire de  l’Epp Lago. Une mission communautaire qu’il assume avec fierté au nom des enfants de Dangbo.

C’est une histoire d’engagement de la communauté à accompagner sa cantine car le travail de Souleymane au service du jardin est volontaire. Souleymane raconte qu’il a l’aide de la population de Lago pour entretenir le jardin. « Je me sert des services d’un griot pour rassembler la population. Quand je les invite à travailler dans le jardin, elle se mobilise… » raconte le jeune président du comité de gestion du jardin scolaire de l’Epp Lago. Cette solidarité communautaire autour de la cantine permet « d’offrir régulièrement des légumes aux enfants et ils mangent avec beaucoup de joie » témoigne la directrice Godonou Alice.

De ce jardin géré par la communauté de Lago sort plusieurs variétés de légumes pour la cantine.

A l’Epp Lago, le jardin fourni suffisamment de légumes à la cuisine que le surplus est mis en vente. Le revenu issu de la vente est reversé dans les frais de gestion du jardin pour assurer la continuité de la production sur toute l’année scolaire. Des initiatives du genre témoignent de l’appropriation progressive du programme des cantines scolaires par les communautés. Leurs engagements à accompagner la cantine et les initiatives autour est le signe qu’elles mesurent l’impact pour leurs enfants. Et toujours à Dangbo, il y a encore mieux à voir en termes d’engagement communautaire

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