JAAS 2020: Les innovations du programme des cantines scolaires célébrées à Bopa

Le Bénin a célébré en différé ce jeudi la 5e Journée africaine de l’alimentation scolaire (Jaas 2020). C’est l’École primaire publique d’Atohoué dans la commune de Bopa (département du Mono) qui a accueilli les manifestations officielles de cette journée commémorée chaque 1er mars.

Photo de famille des représentants des meilleures écoles primées au cours de la JAAS 2020 avec les autorités. Photo: Ferry Sossa

Cette année, le thème retenu pour la célébration est « L’alimentation scolaire basée sur la production locale pour créer un environnement favorable au développement de l’Afrique et faire taire les armes ». Cette thématique démontre les bénéfices d’une alimentation scolaire basée sur la production locale et son potentiel dans la prévention des conflits.

Au Bénin, la célébration de la Journée africaine de l’alimentation scolaire instituée depuis 2016 a été une occasion de découvrir les innovations qu’apportent les écoles pour renforcer la mise en œuvre du Programme national de l’alimentation scolaire intégré (Pnasi) initié par le gouvernement et mise en œuvre par la direction pays du Programme alimentaire mondial (Pam) depuis 2017.

Plus de deux ans maintenant, le programme des cantines scolaires au Bénin n’est plus au simple sujet de nourrir les enfants à l’école. Que l’enfant mange un repas chaud chaque jour d’école à midi est déjà une réalité tangible. « Grâce à la cantine scolaire, nos parents n’ont plus de soucis  pour nos repas de midi » a témoigné le représentant des écoliers de l’Epp Atohoué soutenant l’argumentation de la directrice de l’école Solange Dossou « qu’un repas chaud dans la journée garanti la fréquentation scolaire et le maintien des enfants à l’école ».

Ce qui fait l’innovation du programme, ce sont les activités organisées autour des cantines scolaires dans les écoles bénéficiaires. La Jaas 2020 a permis de voir quelques-unes de ces innovations qui témoignent de l’engagement des écoles à accompagner le programme et assurer un repas de qualité pour les enfants. A l’école primaire publique de Atohoué par exemple, la mobilisation de la communauté s’est manifestée par le développement d’un jardin scolaire qui fournit la cantine en divers produits maraichers et vivriers qui entrent dans la composition des repas aux enfants de l’école.

Des lapins produits par l’Epp Guémè à Toffo pour renforcer le repas des enfants. Photo: Ferry Sossa

Certaines écoles comme l’Epp Guémè dans la commune de Toffo innovent par l’élevage de lapins ou de poulets. A l’Epp Guémè, la vente des lapins produits permet à la fois de soutenir les dépenses liées au fonctionnement normal de la cantine mais aussi la viande de lapin est intégrée dans le repas des enfants comme une source d’apport de protéine animale. Ailleurs, des écoles ont opté par exemple pour l’élevage de la volaille pour atteindre le même but. Ces initiatives innovantes peuvent servir de modèles d’engagement pour inspirer d’autres écoles à cantines.

Les 11 meilleures écoles à cantines scolaires et des écoles qui ont apportées des initiatives novatrices pour accompagner le programme ont été primées en marge à la célébration de la Jaas 2020.

La célébration de la Journée africaine de l’alimentation scolaire a été aussi le partage des initiatives citoyennes d’engagement pour soutenir le programme des cantines scolaires. Le témoignage édifiant du préfet de l’Atlantique Jean-Claude Codjia est le signe de l’engagement attendu des autorités pour contribuer à la mobilisation des communautés gage de la pérennisation du programme de l’alimentation scolaire au Bénin.

Le Représentant Résident du PAM au Bénin Guy Adoua remet à un responsable d’école son certificat de distinction. Photo: Ferry Sossa

Dans le département à sa charge, un téléthon a été organisé avec un résultat de plus de 10 millions de francs CFA mobilisés pour soutenir les cantines scolaires du département de l’Atlantique. « La belle cagnotte n’était pas entièrement destinée à payer à la place des enfants, la côte part attendue d’eux avant d’accéder au menu de la cantine. En fait, une bonne partie de ce fonds est plutôt destiné selon les spécificités de chaque localité ou de chaque commune à financer ou à créer des activités génératrices de revenus » argumente le préfet de l’Atlantique qui au-delà a « recommandé instamment les conseils communaux de poursuivre l’opération de subvention en inscrivant une ligne y relative dans leurs budgets respectifs à venir » afin que l’esprit de la solidarité instituée autour des cantines ne s’essouffle et ne s’arrête tôt.

Un engagement unique qui pourrait inspirer d’autres car à cette étape de l’évolution du programme des cantines scolaires au Bénin, le Représentant Résident du Programme alimentaire mondial Guy Mesmin Adoua est convaincu que l’implication des autorités au niveau décentralisée et des élus locaux est un atout pour la mobilisation communautaire autour du programme.

Pour le Pam, il est maintenant question de s’assurer que les cantines scolaires soient une réalité pour l’éternité a dit Guy Adoua, le Représentant Résident du Pam au Bénin dans la mesure où l’alimentation scolaire est un filet de sécurité « ayant un rôle primordial pour l’éducation des enfants dans les pays africains » argumente Siaka Coulibaly, le Coordonnateur national du Système des Nations Unies (SNU) au Bénin.

Dans les pays stables comme le Bénin, au-delà d’offrir un repas, l’alimentation scolaire peut changer la vie des enfants en veillant à ce que les filles et les garçons restent à l’école et en les rendant apte à apprendre.


Siaka Coulibaly, Coordonnateur national SNU au Bénin
Le Ministre des enseignements maternel et primaire Karimou Salimane au stand du PAM à la JAAS 2020. Photo: Ferry Sossa

En passant d’un budget d’un milliard en 2017 à 15 milliards en 2019, le gouvernement du Bénin témoigne son intérêt à investir dans le capital humain en apportant une solution durable à la question de la faim à l’école, une cause majeure à la déperdition scolaire. « Le programme n’est pas un gaspillage. Ce n’est pas un luxe, c’est un investissement » défend Mathurin Nago, facilitateur de l’examen stratégique Faim Zéro qui pense que le programme des cantines scolaires est « une initiative heureuse.

Dans son message officiel pour la célébration de la Jaas 2020, le ministre des enseignements maternel et primaire Karimou Salimane a conclut que la Journée africaine de l’alimentation scolaire offre une occasion de situer « notre responsabilité commune pour assurer à nos enfants une alimentation quotidienne gage d’une éducation de qualité ».

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