Le PAM et le Luxembourg aux cotés des Personnes Vivant avec VIH/Sida au Bénin

« Les barrières sociales d’accessibilité au traitement ARV et à la protection sociale sensible au VIH ». C’est le thème de l’atelier qui a eu lieu la semaine dernière à l’Hôtel Chez Théo de Possotomé dans la commune de Bopa (Sud du Bénin). Retour complet sur le contenu de cette rencontre.

                           Vue d’ensemble des participants à l’atelier.

Au total, ont répondu présents à cet atelier une  quarantaine de participants composés des représentants de la Présidence de la République (Conseil National de Lutte contre le Sida, la Tuberculose , le Paludisme et les Epidémies et les Catastrophes : CNLS-TP), du Ministère de la Santé (Programme Santé de Lutte contre le Sida (PSLS), de la Direction Départementale de la Santé du Mono et du Couffo (DDS) , le Centre d’information de Prospective d’Ecoute et de Conseil du Mono et du Couffo (CIPEC), les Responsables de site de prise en charge des PVVIH, du Ministères des Affaires Sociales, des associations de Personnes Vivant avec le VIH (PVVIH), des ONGs intervenant dans la lutte contre le VIH/Sida et des représentants du PAM. La cérémonie officielle d’ouverture de l’atelier a été faite par Mr Christophe H. MEGBEDJI, Préfet du Département du Couffo en présence de Mr Gérard RUBANDA, Chargé de Programme des cantines scolaires au PAM et du Dr Etienne C. HOUNKONNOU, DDS du Mono.

Financé par le Luxembourg, cet atelier de 4 jours a pour objectif d’identifier les obstacles pour l’accès au traitement ARV et les mécanismes collectifs pouvant permettre aux PVVIH de faire face aux conséquences des risques sociaux. « Malgré les progrès notables enregistrés dans le traitement du VIH, des barrières pour le succès à long terme persistent.  Aujourd’hui, on est unanime sur le fait qu’une adhérence maximale des patients au traitement est nécessaire pour garantir l’efficacité thérapeutique et arrêter le développement de la maladie. Cependant force est de constater que les médecins sont régulièrement confrontés à la difficulté du suivi de leurs prescriptions ou « adhérence » au traitement. » a affirmé Gérard RUBANDA.

HOUESSOU Comlan, PVVIH depuis 2003 et Président Départemental du RéBAP+Mono/Couffo témoigne : « J’ai beaucoup souffert de la stigmatisation lorsque mon entourage a su que je suis porteur du VIH. Ma femme aussi a souffert de ce comportement. Etant vendeuse de riz dans le village, un beau matin, les populations ont bloqué le passage en interdisant aux enfants d’aller acheter chez elle. Le soir, nous étions obligés de jeter les 10 kg de riz qu’elle a préparé sur les tas d’ordures. En ce temps, il faut être courageux pour aller se faire dépister ». Pour lui, cet atelier apportera une solution pour réduire la stigmatisation qui est la barrière la plus importante. « Les gens sont infectés mais n’ont pas le courage d’aller dans les centres de santé pour se faire soigner. Ils restent à la maison et ils viennent en retard aux soins dans un état de fatigue très avancée. Enlever ces barrières sociales permettrait d’atteindre les différents objectifs »

Selon les résultats de l’enquête index Stigma des PVVIH de 2015 réalisée avec l’appui du Système des Nations Unies, la discrimination sévit toujours à un degré encore préoccupant au Bénin. 30 % des PVVIH interrogés ont fait l’expérience de renvoi, de suspension ou d’interdiction d’accès dans les structures/maisons à cause de leur statut sérologique. De plus, 37 % parmi eux ont perdu leur emploi à cause du mauvais état de leur santé et 38,4% des enquêtés ont dû changer de lieu de résidence à cause de leur état sérologique. « Si les personnes infectées ou affectées par le VIH sont maltraitées ou blâmées pour leur situation, l’épidémie devient clandestine. Ceci crée des conditions idéales pour la propagation continue du VIH »

Au cours de cet atelier, les participants auront à identifier les barrières tant sociales que juridiques qui entravent l’adhérence au traitement ARV et d’autre part à proposer des recommandations dans le but d’accélérer l’atteinte les objectifs 90 90 90 à l’horizon 2020 de l’ONUSIDA adoptés par le Bénin. « Cet atelier est le bienvenu dans les départements du Mono/ et du Couffo du fait de la prévalence très élevée (2, 2% et 2,1%) dans ces deux régions par rapport à la prévalence nationale qui est de 1,2%.Je salue et remercie le PAM qui a accepté d’accompagner le Gouvernement du Bénin dans la lutte contre la pandémie du Sida. C’est très salutaire » a conclut Christophe MEGBEDJI OUINSSOU, Préfet du département du Couffo.

 

Makeba Tchibozo Komlan

Chargée de communication PAM/Bénin

 

Impressions de quelques participants

DR GUEZOMEVO Angélique, Responsable du Cipec Mono/Couffo

Nous devons lutter contre la discrimination. C’est la première chose qui fait que le patient est réticent. Il se dit qu’il sera pointé du doigt et il reste à la maison. C’est lorsqu’il est fatigué qu’on l’amène à l’hôpital. Et quand c’est tard, c’est tard. Dans notre centre, nous essayons de lutter contre ce phénomène à travers des groupes de paroles qui regroupent des PVVIH, des patients qui ont été stigmatisés mais qui ont pu s’intégrer dans la société. Nous avons également les médiateurs qui nous aident beaucoup à travers les sensibilisations, les témoignages. A l’endroit des populations, je dirai que le VIH est une maladie comme tant d’autres. Et contrairement à ce que les gens pensent, avant le VIH signifie la mort mais aujourd’hui,le VIH/Sida est une maladie chronique avec laquelle on peut vivre très longtemps à condition de suivre correctement son traitement.

 

HOUESSOU Comlan, PVVIH depuis 2003, médiateur, Président du REBAP+

C’est grâce à ces médicaments que je suis en forme aujourd’hui. Personne ne peut croire que je suis PVVIH. Cet atelier est le bienvenu car il vient renforcer le plaidoyer et apporter une solution pour réduire la stigmatisation qui est la barrière principale parce que les gens sont infectés mains n’ont pas le courage d’aller dans les centres de santé pour se faire soigner. Ils restent à la maison et ils viennent en retard aux soins. Je demande aux partenaires de continuer par nous soutenir et nous accompagner sur le plan alimentaire. C’est très important. Enlever ces barrières sociales permettrait d’atteindre les différents objectifs.

 

Christophe MEGBEDJI OUINSSOU, Préfet du Couffo

La première stigmatisation se rapporte d’abord aux comportements des individus (PVVIH) et à leur environnement immédiat. Par rapport au comportement des PVVIH, ils ne sont pas habitués à utiliser ces produits, ils sont gênés d’aller prendre ces médicaments qui ne sont disponibles que dans des points bien indiqués et connus. Ce n’est pas une pharmacie qui est ouverte à tout le monde sans que les gens ne s’intéressent à la maladie dont vous souffrez. Cela fait que certains se déplacent pour se soigner ailleurs ou refusent carrément de se soigner. Secundo, l’environnement immédiat ne favorise pas la chose. C’est des médisances, des propos désobligeants. L’entourage n’accompagne pas le mouvement pour que le travail soit un devoir commun. Il faut savoir que n’importe qui peut être atteint de ce virus. Le VIH n’est pas nécessairement le sexe donc nous devons tous revoir nos comportements. Il faut aussi que nous entourons ces personnes d’une autonomie. Avec des activités génératrices de revenus, ils auront les moyens de se nourrir, de se déplacer et de s’entretenir.

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