PNASI| Une réponse à l’insécurité alimentaire et à l’éradication de la faim au Bénin

Le rapport final de l’examen stratégique national « Faim Zéro » au Bénin est lancé ce jeudi à la présidence de la République. Le Programme alimentaire mondial (PAM), un partenaire du Bénin dans la marche vers l’éradication de la faim a tenu une conférence de presse juste après la remise du document au président Patrice Talon.

Face aux journalistes Guy Adoua (PAM Bénin), Abdou Dieng (PAM West Africa) et Siaka Coulibaly (SNU). Photo: Jonas H.

La rencontre d’explication avec les professionnels des médias sur les implications du rapport de l’examen stratégique national « Faim Zéro » au Bénin s’est tenue dans les locaux du Programme alimentaire mondial (PAM) à Cotonou. En face pour l’exercice : le Directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre Abdou Amy Dieng, le Coordonnateur résident du PAM au Bénin Guy Adoua et le Coordonnateur résident du Système des Nations Unies (SNU) Siaka Coulibaly.

La question de la sécurité alimentaire et de l’élimination de la faim sont des défis pour le gouvernement béninois qui en fait d’ailleurs une priorité pour l’atteinte de l’objectif de développement durable ODD 2 relatif à l’élimination de la faim. Selon l’analyse globale de la vulnérabilité et de la sécurité alimentaire réalisé en 2017 au Bénin avec l’appui du PAM « près d’un million de Béninois soit environ 10% de la population sont en insécurité alimentaire » rappelle Abdou Dieng, directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Non seulement l’étude pose le diagnostic sur l’autosuffisance alimentaire au Bénin mais aussi propose des approches de solutions pour arriver à éradiquer la faim d’ici 2030.

Abdou Dieng, Directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Photo: Jonas H.

Dans ce volet, l’engagement du pays depuis 2017 en investissant dans les cantines scolaires par le biais du Programme national d’alimentation scolaire intégré (PNASI) est le signe d’une volonté politique du gouvernement d’investir dans le capital humain reconnaît le directeur régional du PAM. « Ceci constitue un exemple à suivre par d’autres pays, si nous voulons nous mettre véritablement sur le chemin de l’éradication de la faim » pense Abdou Dieng, directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre en concluant que « l’alimentation scolaire constitue en effet un filet de protection sociale avec de multiples bénéfices qui contribuent à l’amélioration de la sécurité alimentaire ».

L’alimentation scolaire : une approche pour assurer la sécurité alimentaire

Les enfants ont besoin de manger chaque jour pour répondre à des besoins physiologiques. De nos jours, un enfant sur deux au Bénin a « accès à un repas sain et équilibré » rappelle Guy Adoua, Coordonnateur résident du PAM au Bénin. Depuis 2017, cette institution onusienne met en œuvre le Programme national d’alimentation scolaire intégré (Pnasi) qui en 2018, a connu une augmentation de 1600 écoles supplémentaires. Cet investissement dans le capital humain améliore les performances scolaires des enfants qui ont désormais la garantie de manger un repas chaud à l’école durant toute l’année scolaire. Mais le Pnasi dépasse le simple cadre de l’éducation.

Guy Adoua, Coordonnateur résident du PAM au Bénin. Photo: Jonas H.

Dans son approche intégrée, le Pnasi offre un cadre pour combler les carences nutritionnelles des enfants mais aussi offre une opportunité aux communautés vulnérables de sortir de l’insécurité alimentaire et de la pauvreté car le programme encourage et stimule l’agriculture locale.

En mettant l’accent sur la consommation locale, les cantines scolaires offrent une opportunité aux petits producteurs de booster la production locale car « les écoles constituent désormais un marché potentiel pour l’utilisation des vivres » commente Guy Adoua. Dans ce sens, le PAM apportera son accompagnement dans le renforcement des capacités des communautés notamment les groupements de femmes et les jeunes dans la production et la transformation des vivres qui répondent à des normes de qualité utilisable par le programme pour le repas des enfants.

Les journalistes pendant la conférence. Photo: Jonas H.

« La sécurité alimentaire, c’est pas seulement la production mais aussi l’accès et l’utilisation » a dit le Coordonnateur du PAM au Bénin. Autrement, les cantines scolaires garantissent non seulement un repas aux enfants mais les communautés qui produisent les vivres ont de l’argent pour faire face à leurs problèmes socio-économiques. Il y a une connexion entre l’alimentation des enfants, la production locale, la nutrition, les questions de santé et d’hygiène. « C’est tout ce paquet qui fera qu’on touchera aux aspects liés à la sécurité alimentaire » estime Guy Adoua.

Pour atteindre l’ODD 2 qui vise à « Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable » d’ici 2030, le gouvernement devra renforcer son partenariat avec les institutions qui accompagnent ses projets, programmes et politiques de développement. Le Système des Nations Unies (SNU) est l’un des partenaires stratégiques du Bénin sur le chemin de réalisation des ODD. Pour le Coordonnateur résident du SNU au Bénin Siaka Coulibaly,  l’ODD 2 relatif à la lutte contre la faim est un objectif qui « établit des relations intrinsèques avec les autres ODD ».

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