Le Programme national d’alimentation scolaire intégré (PNASI) est une opportunité pour l’autonomisation des femmes rurales

Depuis juillet 2017, le gouvernement du Bénin a signé un accord avec le Programme alimentaire mondiale (Pam) pour la mise en œuvre du Programme national d’alimentation scolaire intégré (PNASI). Bien qu’étant un programme du secteur éducatif, le PNASI est une opportunité pour l’autonomisation des femmes des communautés rurales.

Mobilisation de femmes au cours d’une cérémonie d’octroi de microcrédits à Porto-Novo. Photo : Bismarck S.

C’est une initiative ambitieuse du gouvernement qui vise à accroître la scolarisation des enfants notamment celle des filles et contribuer à leur maintien à l’école. Ceci pour corriger les disparités de scolarisation entre filles et garçons dans les régions ou le programme est mis en œuvre.

Au-delà de l’offre de repas aux écoliers par le biais des cantines scolaires, le Programme national d’alimentation scolaire intégré (PNASI) est une opportunité pour les femmes rurales qui interviennent dans le secteur de l’agriculture, de l’élévage ou de la pêche.

Qu’elles soient dans la production agricole, animale ou dans la transformation agroalimentaire, le PNASI offre aux femmes (en individuelle ou en association) un marché de potentiels consommateurs constitués par les écoliers qui bénéficient des cantines scolaires.

Depuis la rentrée scolaire de septembre 2017, les cantines scolaires sont opérationnelles dans 1579 écoles primaires publiques reparties dans 11 départements du Bénin. Ceci représente un marché de consommation estimé à plus de 100,000 enfants. Ce marché connaitra une hausse pour atteindre à l’horizon 2021 près de 350,000 écoliers qui bénéficieront des repas scolaires. Un avantage non négligeable pour les femmes des zones rurales couvertes par le programme.

Sur le plan de l’entrepreneuriat, le programme est un atout pour les jeunes femmes qui désirent entreprendre dans le secteur de l’agriculture, de élevage et de la transformation agroalimentaire. En se constituant en association, elles peuvent mettre en œuvre des projets de production (agricole, animale, ou de transformation) sur la base des produits de consommation les plus recherchés par le Pam pour le fonctionnement des cantines scolaires. Ce qui est un point de départ contre le manque d’emploi, le chômage et la lutte contre la pauvreté.

Des jeunes femmes formées par Action Plurielle produisent du gari à Toffo. Photo : Eustache Agboton

Pour les petites productrices alimentaires déjà opérationnelles, le PNASI apportera une autre dynamique dans leurs activités génératrices de revenus. En tenant compte du fait que les écoliers qui mangent dans les cantines scolaires constituent un marché de consommation, le Pnasi offre plusieurs avantages. Entre autres :

  • Les femmes productrices ont un marché potentiel d’écoulement de leurs productions (naturellement si les produits sont de qualité et compétitif)
  • Les femmes productrices ont un client stable (ici le Pam qui assure l’achat des vivres pour le fonctionnement des cantines scolaires)
  • Elles ont un revenu stable sur plusieurs mois de l’année (l’année scolaire au Bénin étant de neuf mois).
  • Elles auront une activité de production régulière (les produits agricoles seront vendus en moins de temps avec une baisse des pertes liées aux avaries)
  • Une amélioration de leurs finances (les productrices pourront rentrer rapidement en possession des fonds engagés dans la production avec une possibilité de bénéfices en hausse que lorsque les produits étaient livrés en détails sur de longue durée dans les marchés locaux).

Au cours de l’Examen Stratégique National « Faim Zéro » à Cotonou en janvier, le Représentant résident du Programme alimentaire mondial au Bénin  Guy Adoua avait expliqué que « …les programmes d’alimentation scolaire favorisent le développement de l’agriculture locale car ils représentent une demande structurée et prévisible de vivres permettant la création de marchés de produits agricoles profitables aux petits exploitants et favorisant un développement économique local durable« .

A gauche, M. Guy Adoua (PAM) et à droite le Ministre Abdoulaye Bio Tchané (MPD) au cours d’une rencontre sur le PNASI. Photo: Makéba T.

Le Pam qui apporte son expertise au gouvernement du Bénin dans la mise en œuvre du PNASI pour la période 2017-2021 compte apporter à coté son encadrement pour les associations de femmes et des jeunes. «  Ca veut aussi dire qu’on peut renforcer leurs capacités pour qu’ils puissent produire des vivres de qualité et qui sont compétitifs sur le marché, offrir des chances de formations pour l’encadrement des femmes et pour les communautés… » a expliqué Guy Adoua au cours d’une conférence de presse en marge à la célébration de la 3e journée africaine de l’alimentation scolaire à Porto-Novo.

Le Programme national d’alimentation scolaire intégré (PNASI) favorisera à la longue l’autonomisation des femmes en contribuant au-delà de l’atteinte des Objectifs de développement durable ODD 2 ( Faim Zéro) ODD 4 (Education de qualité) à d’autres objectifs tels que l’ODD 1 (Élimination de la pauvreté), ODD 5 (Egalité des sexes et autonomisation des filles et des femmes) si les communautés féminines rurales perçoivent et profitent de l’opportunité qu’offre cette initiative du gouvernement.

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