Et si la pièce de théâtre « Tofa » de Tola Koukoui vous était racontée !

Le metteur en scène Tola Koukoui a présenté dans la soirée de ce 6 janvier la pièce de théâtre « Tofa » écrite par Florent Couao-Zotti. C’était le spectacle inaugural du Festival international de Porto-Novo.

Une vue de la cours du peuple au musée Honmè. Photo: Bismarck Sossa

Le noir s’installe dans la cours du peuple du Palais Honmè à 20h32 pour quelques secondes. Ce n’est pas une coupure de la SBEE ni une panne d’électricité. Pas possible tant que Dona Houssou, le ministre de l’énergie est dans l’enceinte ! A la reprise, Godonou et Dossou sont sur la scène à palabrer. Nous sommes au royaume de Hogbonou. Ils palabrent toujours et parlent de prince, de succession au trône, de roi, de prévision du fa et se séparent. Les lumières s’éteignent encore…

C’est le spectacle inaugural du Festival international de Porto-Novo (Fip) qui s’ouvre ainsi avec la pièce de théâtre « Tofa » écrite par Florent Couao-Zotti et mise en scène par Tola Koukoui. La suite de la soirée va plonger les invités dans l’histoire du royaume de Porto-Novo sous le règne du grand roi Tofa.

Les Tanyinon consultent les cauris lors de la pièce. Photo: Benoit Koffi

Des intrigues entre dynasties pour la succession au trône à une époque du royaume de Tê Agbanlin, le spectacle fera vivre aux spectateurs comment le prince Dassi sera presque « imposé » par des voix fortes du royaume telles que celle du Gogan et du Migan pour devenir le roi sous le nom fort de Tofa malgré les contestations et frustrations d’autres clans. Mais le roi sera bien intronisé par les tanyinon sous la bénédiction des cauris (avi) qui auront soulevé nombre de problèmes avant de s’ouvrir à la faveur du nouveau roi Tofa. « Le royaume sera en paix si nous cessons les querelles, les complots, de glisser les peaux de banane entre nous… » répétait sans cesse le tanyinon !

Et Tofa devint Roi de Hogbonou. En bon développeur, il émet le vœu de s’engager sur des réformes. Parmi tant d’autres d’instaurer la paix et la quiétude dans le royaume, d’unir chaque clan en un, de faire de Hogbonou un royaume prospère dont les sujets mangeront à leur faim grâce à son potentiel agricole, de recadrer les relations avec les étrangers…mais très vite les réalités seront là ! Le Roi sera confronté à des oppositions sourdines dans le royaume. Il lui sera difficile de pacifier ses contradicteurs par le dialogue. Il passera à l’action. Les opposants passeront dans les mains du Migan et ne reviendront plus à la vie. Les sentences de peine de mort s’enchainent mais le Roi Tofa n’est toujours pas en paix dans son cœur. « Ma main est rouge de sang…Combien de mort faudra t-il encore ?… » s’interrogea t-il. »Autant qu’il faut !… » lui répondra le Migan, son ministre de l’intérieur.

Une pose de Tofa pendant la pièce. Photo: Benoit Koffi

Tofa sera peu à peu submergé. De part et d’autre, il est constamment sous menace du royaume d’Abomey avec le Roi Glèlè, ses relations avec les Français détérioraient et échappaient à son contrôle, son propre conseil était rempli de traites qui complotaient contre lui avec le royaume ennemi. Tofa voyait son autorité réduite et diriger devenait juste un mot sans contenu.

Quand il dira au Migan « Allez dire au peuple que le roi n’a qu’un seul œil sur eux » son ministre lui répondra  » Il  le sait déjà ! ». Le roi Tofa mine triste avait vu la fin de son règne, il demanda à être seul.

Les lumières s’éteignent. Quand la scène s’éclaircit, les spectateurs étaient toujours là, coller dans leurs sièges, toujours pas rassasiés de l’aventure de Dê Tofa. Ils voulaient voir la suite pour le grand roi mais il n’y avait plus rien à voir. C’était la fin du spectacle !

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